• Rédemption

    Chapitre 1 

    Une journée comme les autres

     

    Sail - Awolnation

     

    Une petite fille aux cheveux blonds avec des yeux bleus... Elle est jeune... Elle possède un sourire démoniaque mais une certaine tristesse dans le fond de ses iris... Un rayon de soleil traverse la pièce luxueuse dans laquelle elle se trouve et vient jouer dans ses cheveux. Un couteau ensanglanté à la main elle s'avance, deux personnes... Un homme et une femme qui sont étendus à terre couché sur le ventre... Papa, maman ! Ils sont pleins de sang et leurs vêtements sont déchirés, on dirait qu'ils ont été attaqués par un fauve... Soudain toute la lumière de la pièce semble être aspirée par la petite fille, elle semble l'engloutir. La pièce est maintenant dans la pénombre. Il fait froid. La petite a un sourire malsain. Les yeux plantés dans ma direction elle s'enfonce le couteau dans le ventre. Le sang coule elle tourne le couteau dans ses entrailles. La vision est insupportable... Elle rit d'un rire démoniaque.

     

      Je me redresse, j'ouvre les yeux. J'ai la respiration coupée par des sanglots qui se précipitent dans ma gorge. Mes larmes jaillissent de mes yeux, je suis en nage, la sueur colle mon t-shirt à ma peau. Les images de la fillette dansent devant mes yeux, s'ancrent dans mon esprit et me torturent... La petite c'était moi. 

     

      J'essaye de me lever, une fois debout je suis un moment désorientée. Ma vision s'affine peu à peu. Dans la cheminée il reste quelques braises, j'ai froid. Je suis parcourue d'un frisson, j'ai senti un courant d'air. Je tourne la tête vers la fenêtre, elle est ouverte... Bizarre je ne l'ouvre jamais, surtout en hiver. Il fait nuit, il est 5h. La journée va être longue...

     

      Je décide d'aller me laver avant que toutes les filles n'y aillent, peut-être que j'arriverai à me nettoyer des dernières images de mon cauchemar. Je sors de ma chambre sans faire de bruits, mais le parquet grince et trahit chacun de mes pas. Je progresse lentement dans l'orphelinat en descendant les deux étages. J'ai toujours trouvé que c'était sinistre la nuit quand tout le monde dort, l'absence de bruits a quelque chose d'inquiétant. Après ma traversé qui m'a semblé durer des heures j'arrive enfin aux douches communes des filles. Je me lève toujours tôt pour y aller avant elles, pour ne pas subir leurs regards critiques et leurs ricanements face mon corps. Bien que maintenant elles n'osent plus trop à cause des piques acerbes que je leur lance. 

      J'entre dans la salle de bain et me déshabille. Il y a au moins une trentaine de douches et de miroirs - qui sont pour la plupart fissurés - sur l'un d'eux il y a quelque chose d'écrit au rouge à lèvre. Je m'approche pour mieux déchiffrer, c'est écrit: "Ever t'es qu'une pute". Je le sais, je le mérite. Entre les lettres je distingue mon reflet, un frisson de dégoût me parcours. Je me retourne brusquement pour aller sous une des douches dos au miroir. L'eau est d'abord gelée ce qui me fait pousser un petit cri de surprise. Elle se réchauffe petit à petit, mais je n'ai pas le droit au confort alors je change de douche pour recevoir l'eau froide. C'est tellement gelé que je n'arrive plus à penser, le miroir et mon cauchemar s'éloignent... 

      Je coupe l'eau et me sèche rapidement. Si je continue de trainer je vais croiser la directrice qui fait le tour des chambres pour réveiller les enfants. Je m'enroule dans ma serviette en vitesse et remonte rapidement dans ma chambre. Une fois en haut je passe une robe large noire, attache une ceinture à ma taille, enfile des collants et un long gilet. Ensuite je relève mes cheveux en un chignon très fouillis et me maquille uniquement les yeux avec du noir. 

     

      Il est 6h, c'est l'heure où l'orphelinat reprend vie, tout le monde émerge. Je n'irais pas déjeuner, j'ai le ventre beaucoup trop noué pour cela. Je m'assois sur le rebord de ma fenêtre en espérant apercevoir les premières lueurs du jour, mais je sais qu'elles ne viendront pas avant un moment car c'est l'hiver. Je recommence à trembler... Je me recroqueville... Non pas ça... Pas maintenant... Je colle ma tête contre la vitre, ma respiration fait de la buée. Je reste là je ne sais combien de temps, je rêve de m'échapper dans le jardin. Je ne peux pas ce serait trop beau... Je suis coincée ici. Enfermée comme un lion en cage. On aimerait m'amadouer mais ce n'est pas possible. Mon coeur s'est endurcit et est devenu dur et sombre comme l'onyx. 

      Deux coups frappés doucement à ma porte me sortent de ma torpeur en me faisant sursauter. Mme Avery entre dans ma chambre sans attendre de réponse. C'est une petite femme noire un peu enrobée avec des cheveux indomptables attachés dans un chignon très tiré. Elle doit avoir la trentaine, elle a un très joli visage et un regard transperçant. Son uniforme est blanc, c'est celui des dames de cantine. Elle est la seule personne qui prend la peine de venir jusqu'à ma chambre. Elle vient me prévenir que je dois descendre car le bus ne va pas tarder.

      J'enfile mes bottes et mon manteau, prend mon sac en vitesse et la suit. Une fois en bas l'agitation des gamins m'agace. Comment font-ils pour être content d'entamer une nouvelle journée ? Elles se ressemblent toutes, c'est insoutenable. 

     

      Je ne fais plus attention à mes gestes, je les fais mécaniquement sans réfléchir ni même les contrôler réellement. Tout ce que je sais c'est que je suis assise au fond du bus à ma place habituelle avec ma musique. Tandis que les premières notes de Imagine de John Lennon retentissent dans mes oreilles, j'ancre mes yeux sur le paysage qui défile. J'essaye d'imaginer ce monde sans religion, sans paradis ni enfer, sans pays, sans raisons de tuer dont il parle... C'est beau, cela m'apaise. J'aimerais faire partie de ce monde... Mais très vite la chanson se termine et je retombe sur terre. Courir après une chimère ne va pas m'aider... 

      Au bout d'une demi heure de trajet, on arrive devant mon lycée. C'est un vieux bâtiment pas du tout moderne en briques rouges. Je n'ai absolument pas envie d'y aller. Tous ces gens m'énervent, ils sont si insouciants et inconscients du malheur et du danger que c'en est risible. Je gravis les marches, et enclenche le mode automatique ce qui me permet de me retirer en moi et de ne pas faire réellement attention à ce que je fais. Ils rigolent dans tous les coins et se racontent des blagues idiotes, je ne vais pas tenir longtemps aujourd'hui, je le sens. 

      Je me rends à mon premier cours de la matinée. Mme Guinoiseau ma prof de français fait entrer les élèves bruyants dans sa salle. Elle a l'air surprise de me voir, il faut dire que je ne viens pas souvent le matin. Elle débute son cours mais elle me jette des coups d'œil furtifs pour vérifier que je prends bien son flot de paroles incessant en note. 

      Soudain quelqu'un toque à la porte, ma professeur dit de sa voix haut perchée à la personne d'entrer. La porte s'ouvre sur un jeune homme brun avec des yeux verts émeraudes, il a une carrure imposante et des traits émaciés. Oh non pas lui... Déjà qu'il n'en faut pas beaucoup pour que je haïsse quelqu'un mais alors ce gars là on dirait qu'il fait tout pour être au summum de la débilité ce qui le rend absolument insupportable. Il s'appelle Hugo et dès la première fois que je l'ai rencontré, je l'ai détesté. A sa vu mon coeur se soulève, lorsqu'il me frôle j'en ai des frissons de dégoût et quand nos regards se croisent mon estomac se retourne. 

      Évidemment la seule place de libre est à côté de moi. Comme on dit, un malheur n'arrive jamais seul. Lorsqu'il s'assoit je décale ma chaise de façon à être la plus éloignée de lui possible, le pire c'est que cela l'amuse. Quand il a ce sourire suffisant je n'ai qu'une envie c'est de le claquer. Mais il faut que je me contrôle, il a remarqué que ma main tremble. Je veux lui dire quelque chose afin de lui enlever ce sourire abominable mais je suis interrompue par ma voisine de derrière qui l'interpelle.  

      C'est là que commence une longue et inintéressante discussion entre les deux énergumènes qui m'entourent. Enfin la sonnerie retentit et je m'empresse de ranger mes affaires lorsqu'une main se pose sur mon épaule, immédiatement un désagréable picotement s'insinue sous ma peau à l'endroit où cet idiot a osé poser sa main. Je me retourne, le fusille du regard - il sait que je déteste ça - et lui demande ce qu'il me veut. Il a une expression étrange, il semble moqueur mais il y a une légère trace d'inquiétude dans le fond de ses yeux. Comme il ne me répond pas je m'en vais sans demander mon reste. Mais il ne trouve rien d'autre à faire que de me rattraper. Alors que je m'engage d'un pas décidé dans le couloir, il me saisit le bras fermement. J'essaye de me dégager en vain. Il me dit de sa voix grave: " - Bah alors qu'est-ce qu'elle a la petite Ever ? Aurait-elle enfin compris qu'il valait mieux qu'elle la ferme ?

    - Elle a surtout compris qu'on ne se mesurait à plus faible que soit, lui dis-je du tac au tac. "

    Son air amusé disparaît enfin et on se regarde une dizaine de secondes en chien de faïence. Il relâche la pression sur mon bras, je me dégage sans ménagement puis pars sans me retourner. 

    Mes trois heures de cours suivantes je les passe plongée dans mes pensées morbides. Je suis assise au fond de la classe et fais des ébauches de dessins sanglants sur mes cahiers. Personne ne s'en préoccupe, de toutes façons je ne suis importante pour personnes et c'est bien comme ça. 

     

      Midi arrive enfin et j'en profite pour sortir du Lycée, je ne reviendrais pas l'après-midi. Tout d'abord je me rends au centre ville, le ciel est tout blanc comme s'il allait neiger. Je déteste ce temps là. Je décide de trouver un endroit tranquille et déambule dans les multiples ruelles que j'ai déjà arpenté des milliers de fois. J'arrive devant un pub un peu sale, je rentre tout de même dedans car je connais bien le gérant. Il est content de me voir et me sert une consommation gratuite. Je m'assois au bar et écoute distraitement un morceau des Rolling Stones qui retentit sur un vieux poste qui doit être derrière le bar. A cette heure ci il n'y a pas grand monde, seulement un homme qui lit son journal en buvant un café et un ivrogne qui doit sûrement être soûl depuis 10h du matin... Je pense que le soir ce bar doit se transformer en lieu de débauche dans le genre "drogue, sexe and rock'n'roll". Il faudrait que j'y aille un soir. Parfois j'ai l'impression de ne pas être née à la bonne époque... J'aurais aimé vivre ces concerts de folie des années 70, tout le monde semblait heureux !

      Je sors du bar, mets mes écouteurs et écoute du AC/DC tout en marchant. J'aimerais aller à l'usine désaffectée mais à cette heure là mes amis ne doivent pas y être. J'irais demain...

      

      Le fait d'avoir l'après-midi pour moi me donne un sentiment de liberté ce qui est plutôt rare. Je fais le tour de la ville seule, perdue dans mes pensées et ma musique. Je rentre dans pleins de magasins sans rien acheter, seulement pour regarder. Je passe aussi m'acheter des cookies dans une boulangerie. Je regarde le soleil descendre derrière les nuages tout en allumant une clope. J'ai toujours aimé la fumée qui s'échappe de ma bouche, cela a quelque chose de fascinant.  Vers 17h je suis un peu fatiguée d'avoir autant marché et vais m'asseoir sur un banc dans un parc. Il fait déjà nuit, cela me désole... L'été me manque, j'ai envie de sentir le soleil frapper ma peau, pas le froid saisissant. Je passe je ne sais combien de temps assise là à regarder tous ces gens dans le parc. J'ai toujours su bien interpréter les expressions du visage et c'est plutôt divertissant de saisir une fraction de vie de toutes ces personnes. Mais je n'ai pas le droit au divertissement et je sais que je vais regretter cet après-midi... 

     

      J'ai loupé le bus - volontairement - qui nous ramène à l'orphelinat. J'en ai pour 1h30 de marche... Je suis exténuée mais je n'ai que ce que je mérite. Je progresse le long de la route avec les phares des voitures qui m'éblouissent sans cesse. J'ai toujours aimé les lumières de la ville lorsqu'il fait nuit et plus je m'en éloigne plus c'est beau. Cela forme des dizaines de petits points lumineux de toutes les couleurs. J'ai l'impression de marcher durant une éternité... Il fait de plus en plus froid, je vais finir endormie sur le bord de la route... 

      Je finis par arriver dans le village dans lequel se situe mon orphelinat. Une fois devant la porte, je sens qu'on va me passer un savon. C'est madame Avery qui vient m'ouvrir, en me voyant elle secoue la tête devant mon triste état. Elle a tout de même l'air soulagée, c'est vrai que l'orphelinat risque d'avoir des problèmes s'ils perdent un enfant... Elle m'envoie directement manger. Elle a sûrement deviné que je n'ai rien ingurgité de la journée, en y pensant c'est vrai que j'ai un peu faim. 

      Avery me colle sous le nez une assiette de pâtes froides et me défie du regard de faire un commentaire à ce sujet. Mais comme je suis déjà en mauvaise posture je ne vais pas en rajouter. Ensuite elle m'accompagne dans ma chambre - elle a sûrement peur que j'essaye de m'enfuir - et sur le pas de la porte me souhaite une bonne nuit puis me répète d'un air las un énième sermon que je n'écoute pas.

     

      Une fois dans ma chambre, je me mets en pyjama, fais du feu dans la cheminée et m'allonge devant. Je contemple les flammes avec fascination. Soudain mes tremblements reviennent... Cela fait deux jours que je me retiens... Je n'en peux plus... Je me lève d'un air décidé et prend une bouteille de vodka dans mon placard ainsi que des lames de rasoir. Je m'assois devant l'âtre brûlant et l'ouvre à la main. Je bois une longue gorgée qui me réchauffe la gorge d'une chaleur familière. Cela m'apaise mais pas suffisamment. 

     

      J'enlève mon bas de pyjama, exposant mes cuisses pleines de cicatrices à l'air libre. Je me munis d'une des lames et la passe lentement sur les anciennes scarifications laissant ainsi un filet de sang qui dégouline à certains endroits le long de mes jambes. La douleur me fait sourire. Je deviens de plus en plus fébrile, mes gestes se font plus secs et les blessures plus profonde. Je n'ai pas le droit au bonheur, il faut que je paye pour ce que j'ai fais. On a que ce qu'on mérite. Au bout de 16 coupures je m'arrête. Étrangement je n'ai pas mal. J'ai oublié de protéger le sol, il y a du sang partout. Ma tête tourne, j'attrape la vodka d'un geste gauche et en bois une gorgée. Je m'endors ou je ne m'évanouis, je ne sais pas, c'est trop trouble...

     

    _____________________________________________________________

    Nda: Je m'excuse de ma longue absence, j'ai eu beaucoup d'examens dernièrement et donc très peu de temps. J'ai aussi eu une baisse de motivation. 

    J'ai mis beaucoup de temps à écrire ce chapitre alors j'espère que vous trouverez le rendu à votre gout.

    Je vous remercie d'avoir lu et j'espère que ça vous aura plu ! N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à venir me parler en MP


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  •  Rédemption

    Prologue

     

    J'observe mon reflet dans le miroir... J'ai le teint pâle, les yeux d'un bleu profond, de longs cheveux noir corbeau. Des cernes creusent mon visage, la fatigue se lit sur mes traits. Cela fait 16 ans que je suis sur cette putain de planète, dont 11 de malheur. Je suis petite, j'ai quelques formes mais sans plus. Je me cache sous un maquillage sombre, très sombre. Je porte toujours du noir, c'est neutre, cela m'évite de me faire remarquer. Je ne suis que l'ombre d'un être, je suis trop mauvaise pour me considérer comme humaine. Je touche mon reflet dans le miroir, j'ai l'impression que ce n'est pas moi, qu'il ne m'appartient pas. Je ne me reconnais pas. Qui suis-je? J'aimerais tellement être quelqu'un d'autre, mais je ne le mérite pas. 

     

      Je me balance d'avant en arrière, mes bras entourent mes genoux. Je suis nerveuse, je tremble, je sens que cela revient alors pour me calmer je récite mes certitudes...

     

      Je suis Ever Black. Je suis la fille la plus odieuse que je connaisse, mon coeur est noir et on ne peut rien pour lui. Mes parents sont morts quand j'avais 5 ans. Je les ai vu mourir devant mes yeux et chaque nuit je le revois en cauchemar. Des cauchemars qui me font pousser des cris déchirants à travers la nuit. Mais je devais le mériter pour que cela arrive. Je ne sais pas pourquoi mais je fais tout pour le mériter.

     

      Je vis dans un orphelinat. C'est un vieux bâtiment en pierre et certaines pièces sont encore chauffées grâce à des cheminées. Personne ne m'a jamais adopté, ils ne voulaient pas de moi, moi non plus je ne veux pas de moi. Mes cris réveillaient les autres alors j'ai été mise à l'écart dans une chambre toute petite, on y accède par une poignée de couloirs étroits. C'est une des pièces chauffée par une cheminée. Personne n'y vient jamais à part moi et une des dames qui s'occupe de la cantine, je crois qu'elle a pitié de moi. 

     

      Nous sommes très nombreux dans l'orphelinat, de tous les âges. Les petits ne restent pas longtemps, ils sont très vite adoptés mais à partir de 8 ans cela se fait plus rare alors à 16 ans je n'ai plus aucune chance. Je suis là depuis longtemps et je ne me suis jamais attachée à personne, les autres enfants sentaient que j'étais perturbée alors ils ne venaient pas jouer avec moi, rien que le fait que je ne dorme pas avec eux semblait les repousser. Les humains rejettent toujours ce qui est différent d'eux, par crainte. 

     

      Le foyer est situé dans un petit village pommé en Bretagne, il est à 30 minutes de l'école. Tous les matins un bus vient chercher tous les enfants de l'orphelinat et nous y amène. Même à l'école je ne parle à personne, tout le monde sait que je suis odieuse, méchante et haineuse mais curieusement cela attire certains garçons. Je prends leur compagnie et les abandonne, vidés. Je leur fait croire à l'illusion qu'est l'amour et oublie leur existence. Je connais pleins de gens avec qui je "m'entends" mais je ne les considère pas comme des amis car s'ils se rapprochent trop de moi je coupe les ponts et ne donne plus signe de vie. Je ne suis pas digne d'avoir des amis. La plupart du temps je sèche les cours et je vais trainer dans des endroit un peu glauques comme des maisons abandonnées ou des usines désaffectées. J'y vais pour boire en cachette ou autre...

     

      Je me lève, mes tremblements s'accentuent. Je ne sais pas comment l'expliquer mais j'ai tellement mal à l'intérieur que je ne sens plus mon corps. Je vais me coucher... Sous mon oreiller je sens une petite bosse, c'est le petit coffre de mes parents qui contient tous leurs bijoux. C'est une des seules choses qu'il me reste d'eux. Je crois que ce sont les seules personnes qui m'ont aimé. Mais il ne me reste que des objets vides de vie qui ont appartenu à un passé heureux. Ils me brûlent et me consument, ils me rappellent la vie que j'aurais dû avoir.

      Mes parents étaient riches et m'ont tout légué: leur fortune, leur maison (que j'aurais à ma majorité), leurs objets de valeur. J'ai des photos de nous lorsque j'étais petite mais je n'arrive pas à les regarder, c'est trop douloureux. Ne pas connaître ses parents c'est comme ne pas se connaître soi-même.

     

      On m'a déjà forcée à aller voir un psy, mais rien n'y fait je n'arrive pas à parler. Je n'ai pas de mots pour prononcer ce qu'est ma vie. J'y arrive très bien dans ma tête mais en face cela ne sort pas.

     

      Je n'arrive pas à dormir, je sens que ça revient... Il ne faut pas que je le fasse, il ne faut pas... Pour essayer de penser à autre chose, je mets une musique de mon téléphone. Broken Brights de Angus Stone, je me mets à pleurer. Que je suis faible. Une moins que rien...


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  •  Rédemption 

    Résumé

    Résumé

    Cette fiction raconte l'histoire d'Ever Black, jeune fille de 16ans. Elle vit dans un orphelinat. Ever est très odieuse et s'entoure de tout un monde de haine qui touche presque au malsaint pour cacher sa sensibilité. Au fil des chapitres vous allez découvrir son histoire, ses révoltes, ses addictions ainsi que son passé très touchant. Vous allez la voir évoluer et s'ouvrir au monde qui l'entoure.

    Attention: Cette fiction est déconseillée à un jeune public et aux âmes sensibles

    N'hésitez pas à donner vos avis (en restant poli) et vos critiques constructives.

    Prim


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  • Je suis assise dans l'herbe aux côtés de Jared. Un enfant qui nous ressemble court vers nous...

    - Maman regarde ce que j'ai trouvé ! s'émerveilla-t-il avec sa petite voix.

    - Oh c'est une jolie plume mon chéri, tu veux bien me faire un bouquet de fleurs?

    - Oui j'y vais ! 

    Tom notre enfant... Déjà 4 ans de bonheur, je n'aurais jamais cru pouvoir être aussi comblée un jour. 

     

      Je baisse les yeux et remarque mes cicatrices, le prénom de mon mari gravé dans le bras. Sombre période. J'y repense souvent et ce passé marque encore notre présent. 

      Jared a continué à faire des cauchemars longtemps après la mort de Jake. Quant à moi ma blessure s'est totalement refermée mais il arrive qu'elle me lance. 

      Adrien réussit difficilement à se réintégrer dans la société. Il a encore quelques réflexes étranges. Mais il est très présent dans ma vie et il me soutient à 200% dans tout ce que je fais. Mes parents ont eu un choc en le voyant et cela a été compliqué de tout expliquer à ma mère et ma soeur.

      J'ai dû avoir une explication avec mon père, lui avait été engagé de force à cause de ses compétences en informatique. 

      Peu après la mort de Jake les médias se sont intéressés à l'affaire et malheureusement nous n'avons pas pu tout étouffer. Pendant six mois des journalistes ont campés devant chez nous mais avec le temps ça a finit par s'arrêter.

    - Tiens maman ! me dit Tom en me tendant les fleurs.

    - Il est magnifique, je le mettrais dans le salon. Il est temps de rentrer.

    - Viens sur mes épaules Tom, dis Jared.

     

     

      Quand je repense à tout ce qu'on a traversé, je me dis que l'on a fait du chemin et qu'on s'en est bien sortit au final. Sans toutes ces épreuves nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd'hui alors d'un côté je ne peux pas renier mon passé. Malgré tout ce qu'on traverse on en sort toujours plus fort. Aujourd'hui je bénis le ciel de ne pas être morte et de pouvoir vivre encore tous ces instants merveilleux. La vie a tellement de choses à nous offrir il faut peut-être avoir frôlé la mort pour voir leur beauté mais en tous cas ça vaut le coup. Maintenant je suis fière d'avoir surmonté tout ça.

    ____________________________

    Je vous remercie de m'avoir lue et j'espère que cette fiction vous aura plu. Cela me fait bizarre de poster le dernier texte de cette fictio sachant que je l'ai commencé il y a 7 mois... C'est dingue ce qu'il peut se passer en 7 mois !

    Je voulais aussi remercier Tsunn qui m'a beaucoup aidé dans les commentaires, sans elle la fiction n'aurait pas été pareil.

    Je vous retrouve prochainement pour une nouvelle fiction. Je ne sais pas encore si je vais la poster sur ce blog mais dans tous les cas elle sera sur un site adapté aux fictions appelé Wattpad, mon pseudo est Primuse sur ce site.

    Voili voilou, bonne continuation ! 


    11 commentaires
  • Bonjour bonjour!

    Tout d'abord je tiens à m'excuser pour l'énorme retard que j'ai pris. J'ai eu énormèment de choses à faire et je n'avais plus vraiment la motivation et lorsque j'ai voulu m'y remettre (il y a deux semaines) j'ai commencé à avoir des migraines ce qui m'a beaucoup dérangé pour écrire. Enfin bref malgré tout voilà le dernier chapitre.

    Il n'y a pas de musiques spécifiques pour ce chapitre.

    Un épilogue arrive le lundi 8 décembre.

    Bonne lecture

    ________________________________

    "Quatre autres pions nous encerclaient à présent et il était impossible de s'enfuir, je jetai des regards apeuré à Jared qui y répondit par un regard apaisant mais il serrait les poings, ce n'est pas bon signe..."

     

    J'essayai de m'enfuir mais l'un deux me retint et Jared me prit la main fermement pour m'intimer le calme. Je commençai à paniquer et ma respiration devint saccadée, je commençais à faire une crise d'angoisse, j'essayai de retenir mes larmes. Où allons nous? Qui sont ces gens? Vont-ils nous faire du mal? Voyant mon agitation, il me caressa le dessus de la main avec le pouce en faisant de légers cercles, ce contact aurait dû me dégoûter à cause de ce que Jared a fait, mais il me calma, je me concentrai uniquement sur ce geste. 

      Les hommes nous firent descendre dans des couloirs lugubres qui semblaient être le sous-sol, je n'étais jamais venue dans cette partie du Lycée. Elle n'était visiblement pas entretenue, les murs étaient nus, le plafond bas, pleine de poussière et très peu éclairée. Nous arrivâmes devant une porte et les hommes nouèrent nos poignets avec des cordes rêches. Nous entrâmes dans une petite pièce remplie d'hommes encagoulés et tatoué d'un V entouré d'un cercle. 

      La peur me sauta à la gorge et me noua le ventre... L'un d'eux s'avança et s'adressa à Jared: 

    - Je suppose que tu sais pourquoi on vous a amené ici, n'est-ce pas? sa voix m'était familière mais totalement dénué de sentiments.

    - Sûrement pour revendiquer votre "superiorité"... lâcha Jared avec sarcasme.

    - Je te déconseille d'utiliser ce ton vu la posture dans laquelle tu te trouves. Bon passons aux choses sérieuses. Si tu es ici c'est uniquement pour payer le lourd prix de tes erreurs. Tu as transgressé bon nombre de règles..

    - De toutes façons qu'ai-je à perdre? Vous m'avez pratiquement tout pris ! Mon âme, mon innocence, ma famille et d'une certaine manière même Marie. Alors allez-y. Vous n'avez plus aucun moyen de m'atteindre, vous m'avez déjà tout pris. 

     J'avais envie de lui crier qu'il ne m'avait pas perdu et que je l'aimais mais je gardai le silence afin de ne pas aggraver la situation. La haine et la frustration commençaient à bouillir au fond de moi mais je n'étais pas encore en mesure d'agir.

    - J'ai le plaisir de t'annoncer que nous pouvons encore te détruire mentalement par le biais de ta petite trainée de copine, continua l'homme dont je reconnaissais désormais la voix... Non ce n'était pas possible... Je devais me tromper...

    Jared n'avait pas pris la peine de lui répondre le fusillant simplement du regard. Lui aussi devait savoir à qui on devait avoir affaire.

     

    - Jake arrête cela, je pensais qu'on était amis. Tu ne peux pas me faire ça. Tu ne peux pas être mauvais à ce point, l'implorais-je.

    Jared se rapprocha de moi comme pour me protéger.

    - Alors maintenant c'est toi qui me supplie. Tu n'avais pas l'air aussi faible quand tu m'as repoussé. Tu sais je croyais qu'en te voyant souffrir j'en tirerai de la joie mais là j'ai juste envie de mourir et de t'entrainer avec moi. Mais même morte tu appartiendrais encore à un autre, c'est pour ça que je te hais à un point que tu n'es pas en mesure d'imaginer.

    - Tu n'es qu'un taré, si tu m'aime comment es-tu capable de faire une telle chose?

    - Je te hais au moins autant que je t'aime, c'est pour cette raison que nous allons mourir.

    Jared me regardais de manière possessive et semblait prêt à lui sauter à la gorge tandis que moi je regardais attentivement autour de moi cherchant à faire diversion ou une issue.

     

    Soudain mon regard croisai celui d'un homme qui avait les yeux plus que verts. Des yeux comme ça je n'en avais vu que sur une personne... Et cette personne c'était Adrien. J'étais persuadée que c'était ses yeux. Je ne comprenais plus rien, c'était impossible, il est mort, pourtant... Il me fixait intensément avec une certaine émotion. Tout devint flou à cause de mes larmes. Je voulu courir vers lui mais on me retint violemment. 

    - Co... Comment pe... peut-il être en... en vie? disais-je d'une voix tremblante.

    - Ton père faisait partit du gang, il a voulut en sortir mais pour cela il devait nous donner un de ses enfants. Il avait cloné ton frère dans l'espoir de nous duper. Nous avons gardé le clone et nous l'avons élevé selon nos méthodes. Quand Adrien a eu 17 ans nous avons exigé qu'il s'engage dans le gang en menaçant de tuer ton père s'il ne le faisait pas. Le clone présentait des anomalies comportementales et physiques, il était dans l'incapacité de remplir ses missions. Pour faire payer à ton père d'avoir essayé de nous tromper nous avons fait tué le clone et nous avons fait passé ça pour le meurtre de ton frère. Adrien a été réquisitionné pour le même genre de missions que faisait Jared mais en plus intense. Mais il n'a pas rempli sa dernière tâche convenablement alors il va assister à ta mort pour que ça ne se reproduise plus. 

    - Comment ça nous? NOUS? Tu fais parti des gens qui prennent les décisions? Tu es un monstre ! C'est inhumain de faire ça à quelqu'un ! Je te hais ! JE TE HAIS ! je me débattais de toutes mes forces pour aller le frapper jusqu'à ce qu'il meurt. Je ne savais plus comment réagir, j'étais perdue. Je pensais qu'Adrien était mort et là on m'annonçait qu'il ne l'avais jamais été et qu'en plus il avait vécu des choses affreuses...

    - Sale enfoiré... souffla Jared. C'est donc toi le fameux chef du gang ! Personne ne peut prendre de décisions aussi importantes.

     

      A peine Jared eut-il fini sa phrase que tous les hommes présents dans la salle braquèrent leurs fusils sur Jake. Celui-ci dégaina aussi son arme mais la braqua sur moi. Jared essayait d'arriver jusque moi pour se placer entre l'arme et moi.

    - Oui c'est moi le chef. J'ai pris la relève à la mort de mon père. J'ai été élevé par une ordure et j'étais destiné à en devenir une. Et cela a toujours empêché que tu m'aimes Marie. Je me hais et je le hais. Et maintenant tu vas payer pour ne pas avoir de sentiments pour moi...

     

      J'entendis deux coups de feu retentir simultanément puis je ressenti une douleur vive au flanc gauche. Puis plus rien... le trou noir. 

     

      J'avais l'impression d'être accroché à une corde pendue au dessus du vide et que si je lâchais la corde je ne pourrais plus jamais revenir. J'avais perdu toute notion du temps.

     

      Une main me caressait les cheveux d'un geste doux... Une voix me chuchotait des mots au creux de l'oreille d'un ton rassurant... Un bras était passé au dessus de mon ventre... Des yeux veillaient sur moi de manière intense... 

      J'ouvris les yeux difficilement, aveuglée par la lumière blanche et rencontrai ceux de Jared. Il eut aussitôt une expression soulagée. Je lui souris et essayai de me déplacer pour me blottir contre lui mais une douleur fulgurante traversa mon flanc. 

    - Raconte moi ce qu'il s'est passé... lui demandais-je d'une voix rauque.

    - Cet enfoiré t'a tiré dessus, et aussitôt Adrien lui a tiré une balle dans le crâne. Tu as perdu connaissance, ton frère et moi nous sommes précipités pour te relever et t'emmener en urgence. Les autres hommes ont enlevés leurs cagoules, certains sont partis tout déballer à la police et d'autre se sont enfuis sans rien dire. 

    - Mais pourquoi quand tu as dis que Jake était le chef ils ont tous braqué leur arme sur lui?

    - La faille du gang est que personne ne veut en faire partit, tous les hommes sont recrutés de force et menacés. Il y avait donc un seul chef et s'il était tué plus personne ne serait obligé de faire quoi que ce soit et c'est ce qu'il s'est passé.

    - Oh, alors on est en sécurité maintenant? 

    - Oui, tout va bien. Je crois que quelqu'un aimerait te parler, disait-il en tournant la tête vers un coin de la pièce. 

    Adrien était là et souriait d'un air bienveillant. Il s'approcha de mon lit d'hôpital et me fit face. Cela me semblait irréel de le voir. Il avait grandit et même s'il semblait heureux des cernes marquaient ses traits.

    - Il me semble que nous avons du temps à rattraper, n'est-ce pas? sa voix m'avait énormément manquée.

    - Oui, beaucoup trop de temps.


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